Isla Providencia - Colombie

Thalassa, Thalassa ... comme auraient dit nos amis grecs ... Terre, terre ...

Après 48 heures de navigation et presque 300 milles assez cool depuis Linton au Panama que nous quittons enfin, nous arrivons au petit matin à l'approche de notre nouvelle destination, l'île de Providencia ... première étape sur notre route pour rejoindre le Rio Dulce au Guatemala.

Nous espérons que ce vilain ciel gris ne sera pas au programme des quelques jours que nous allons passer ici... rassurez vous, ce ne sera qu'un passage ... et nous n'avons pas été arrosés.

L'entrée est bien balisée, le mouillage devant la "ville" San Isabel facile d'accès et peu profond comme une bonne partie de la côte à l'approche de l'île.
Sous Chamicha un petit 2 mètres 50 d'eau.

L'île ressemble un peu à une tortue.

Photo prise depuis l'île de Santa Catalina, vue générale sur Providencia, entre les deux îles "le pont des Amoureux" (tellement à gauche de la photo qu'on le verra juste après) En espagnol, "El puente de los enamorados"

Où sommes-nous donc ?

Mais en Colombie... oui, mais encore ... tout à l'ouest de la mer des Caraïbes ... au milieu de nulle part

Un slogan local ... """L'endroit où même les dieux passent leurs vacances"""

Les îles de la Providence sont deux îles volcaniques de l'archipel et département colombien de San Andrés et Providencia.

La plus petite et celle devant laquelle nous avons posé notre ancre, est l'île de la Providence "Providencia Isla", elle se trouve au nord-est de l'île de San Andrès, à 90 kms, la plus connue avec ses "usines à touristes".
Au nord de la nôtre, plus intime, enfin à quelques 100 - 150 mètres, se trouve une île encore plus petite, Santa Catalina reliée à sa "grande" soeur par un joli pont en bois coloré, le "pont des amoureux". En espagnol, puente de los enamorados
Ah oui, j'ai oublié de préciser qu'ici on parle espagnol mélangé à de l'anglais agrémenté d'un créole local, c'est dire que si vous ne parlez que français... et bien, ce n'est pas gagné !!!

Santa Catalina, la toute petite donc, est l'île sur laquelle le flibustier Morgan aurait caché ses trésors chipés aux espagnols ... Peut être que notre venue ici ne serait pas un peu ... disons .... intéressée !!!

Il existe également un autre îlot, Low Cay, 10 km plus au nord (sans intérêt, pas de trésor !!! ...)

Un peu de géographie (source internet comme toujours plus du perso)

La superficie de Providencia est de 17 km2. Plutôt montagneuse, en son centre se trouvent 3 sommets d'environ 360 mètres de haut. Le village de Santa Isabel, aussi appelé « la ville », se trouve au nord de l'île, face à Santa Catalina. C'est ici que nous sommes. Les autres mouillages possibles sont interdits, les autorités veulent nous avoir à l'oeil !!! point bleu sur la carte satellite. position du bateau 13°22'839 N (nord) et 81°22'417 W (ouest)

La population actuelle serait d'environ 5 000 personnes (données approximatives)

Providencia, cette "terre magique", puisque c'est ici que les dieux viennent parait-il passer leurs congés payés, se trouve dans la partie sud du bassin des Caraïbes à environ 130 milles des côtes du Nicaragua. Elle mesure 7 km de longueur et 4 km de largeur, elle est beaucoup plus petite que San Andrés.

Grâce à sa taille et aux horaires de vols assez compliqués, notre île paradisiaque est (presque) immaculée et propose des plages désertes à sable blanc, des forêts de palmiers sur des terrains accidentés et de l'eau cristalline. Allons de ce pas voir si tout cela est vrai !

chamicha à Providencia - juin 2016

Mais tout d'abord, un peu d'histoire, enfin, de leurs histoires... puisque que l'on parle de l'ensemble de l'archipel.

Providencia a été découverte entre 1498 et 1502 et depuis elle a été sous le le pouvoir des Pays Bas, de la Grande Bretagne, de l'Espagne et plus tard de la Jamaique. Les premiers esclaves africains ont été ammenés pour travailler dans les plantations de tabac et de coton. Pendant très longtemps ces deux produits agraires étaient la base de la vie économique de l'île.

Toutes ont été colonisées à la fin des années 1620 par un groupe de protestants non-conformistes anglais.
En 1630, un groupe d'aristocrates anglais puritains a créé la compagnie des îles de la Providence.
En 1640, l'une des îles faisait travailler près de 900 personnes sur des plantations, avec deux forts, mais en 1641 les Espagnols ont détruit les deux forts et les habitants ont fui vers la côte du Nicaragua, la côte des Mosquitos, où ils se sont mêlés aux Mosquitos et ont créé une communauté mixte de boucaniers, parlant un anglais créole qui est encore présent chez les Indiens mosquitos aujourd'hui.
Ces habitants ont rejoint d'autres boucaniers, en particulier deux de l'île de Roatan, où avait sévi le capitaine flibustier Henry Morgan lorsque l'État de Belize a été créé.

Que disent-ils encore ???

Providencia et Santa Catalina
C'est compliqué d'y parvenir mais encore plus difficile de s'en aller. Pour nous, ce sera assez simple, environ 300 milles marins depuis notre mouillage de Linton au Panama bouclé en 48 heures.

Des montagnes, à pic, verdoyantes en pleine mer turquoise. Un jardin naturel où l'on trouve des mangues, des figues et des corrossoles. L'eau de source fournit assez  d'eau potable à l'île. Dès que vous verrez la mer qui scintille dans ses sept nuances bleutées, cette île vous ensorcellera. Nous n'avons pas compté ... mais c'est magnifique selon la lumière.

La liaison entre le centre Santa Isabel  avec les petits villages ou hameaux s'effectue par une seule route qui longe tout le pourtour de l'île. A vélo on peut faire le tour en une heure, enfin pas nous, l'entraînement n'est pas au top. On préfère notre petite "mula"
Dans les plus beaux endroits, se trouvent des lieux d'observation où l'on peut se reposer sur un banc et apprécier la beauté de l'île.

Comme il n'y a que peu d'habitants sur l'île et que tous les autochtones se connaissent par leur nom, il n'y a pas de mendiant ni de crime. Beaucoup de personnes locales vivent sans problème, la communauté a un réseau social et hospitalier bien développé et tous les enfants vont à l'école ce qui rend cette petite communauté encore plus stable. Les habitants des lieux prendront soin de vous pour que votre séjour se passe très bien.  Ne vous étonnez pas si, en revenant de la plage, des enfants vous courent après en vous tendant votre portefeuille oublié. (nous n'avons pas testé). Vous avez affaire à des gens semble-t-il extrêmement honnêtes et bienveillants.

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La "capitale" si on peut dire, ou du moins la "ville principale" Santa Isabel ...

Bien à l'abri, située en bord de mer au fond d'une presque baie, c'est le centre vital et commercial de l'île. Pas mal de petits supermarchés, un hôpital, une grande "mairie", un poste de police, un petit quai où viennent accoster les ferrys et les cargos, ainsi qu'un petit catamaran rapide à moteur qui semble faire la liaison depuis San Andrès. Sans oublier plein de loueurs de scooters et de "mulas", et bien sûr tout un lot d'églises de confessions variées. Des ferretarias (quincailleries), des magasins de fringues, de babioles diverses, quelques restaurants, bref, une petite agglomération bien sympathique à la population souriante, assez colorée (beaucoup de descendants d'esclaves) et décontractée. Et surtout comme partout... bien nourrie !!! Des amis étaient passé ici il y a quelques années trouveraient que les jeans et tee shirts sont beaucoup plus remplis qu'avant ... Quand on pense à tous ces pauvres scooters ... Encore un phénomène "coca, boissons sucrées et cochonneries diverses", mal bouffe comme partout quand on approche du sud.

Sans oublier bien sûr le réseau téléphonique mobile bien présent, plusieurs opérateurs disponibles comme partout.

Des maisons pimpantes et souvent fleuries, quoique souvent pauvres, mais en général bien entretenues, aux couleurs gaies et variées.

On y vit beaucoup du tourisme, un peu de la pêche qui semble interdite aux étrangers (du moins au fusil harpon), d'un peu de commerce, bref, chacun essaie de gagner sa vie du mieux possible.

Le bateau qui apporte le "frais" et le principal des appros de l'île arrive le mercredi (enfin dans notre cas). Ne pas attendre trop longtemps pour aller chercher fruits et légumes, nous ne sommes pas au Panama ici avec son abondance de produits frais. Par contre nous sommes à proximité des commerces, un petit peu d'annexe et le tour est joué ...

Pour nos formalités, nous sommes allés voir M. Bush qui tient commerce en ville dans une des rues en allant vers l'Est, c'est l'agent officiel pour les bateaux de plaisance. Coût identique à celui de la Colombie, à savoir, 180 dollars valable un an pour le bateau, visas deux personnes et son travail. Cher pour ne rester que quelques jours ... Il faut savoir qu'un seul mouillage est autorisé sur Providencia, les autorités veulent nous avoir à l'oeil !!!

Quelques photos en vrac ...

Ici une quantité impressionnante de scooters et aussi des petites voitures genre golf appelées "mula" ainsi que de petites motos se partagent le réseau routier de taille impressionnant, quelques 18 kms en tout ! Quelques voitures récentes mais aussi de biens vieilles américaines et quelques camions qui ont largement dépassé l'âge de mes artères.

Il est pas heureux le Cap'taine !!! ne manquent que les moustiques sur les quenottes ... pas de pare-brise sur ces petits engins ! par contre par temps de pluie ???
Gros avantage, pas de risque d'excès de vitesse, c'est pour cela que la police est souriante, moins de boulot ! on ne dépasse pas le 25 à l'heure dans les descentes... nos flics français seraient frustrés !!!

Les policiers qui circulent en voiture ou en scooter sont les seuls à devoir porter un casque. Ils ne doivent pas avoir beaucoup de travail d'ailleurs et en plus ils sont bien aimables dans l'ensemble ...

Après les moyens de transports terrestres, un petit tour dans le lagon

Au nord se trouve le parc naturel Isla de Providencia qui recouvre 995 hectares de territoire, dont 905  sont dans la mer.
Le parc est constitué de récifs de corail protégés, de mangroves et des petites  îles de corail « Tres Hermanos » et « Cayo Cangrejo ». L'Unesco a nommé cet archipel « Seaflower » (fleur de mer) à cause de la grande diversité de la flore et la faune, de l'écosystème et de la nature pittoresque et vierge dans le parc de réserves.

Quelques photos du petit îlot de cayo Cangrejo, dommage le soleil était un peu voilé. De gros blocs de granit, réplique miniature des Seychelles ou des Bas au BVI.

Cayo Cangrero, destination facile pour nous en annexe ou alors pour les touristes lambda avec les lanchas locales.

Petit îlot granitique, repaire de quelques oiseaux de mer, des fonds aux nuances turquoise dignes des San Blas, paradis du snorkling pour les amateurs d'eau. Bronzette sur le ponton construit à cet égard. Aucune plage ici sur ce petit rocher. Location de kayak, bref de quoi passer une journée dite de rêve ... mais nous, nous sommes déjà servi à ce niveau, alors, bons princes, on laisse un peu la place aux autres candidats.

Après cette mini escapade dans le lagon, retour sur la terre ferme.

Partout des abris bus plutôt originaux, et si vous n'attendez pas l'unique bus de l'île, aussi un moyen pour vous reposer un moment ...

Celui devant la bibliothèque

un autre plus standard en bordure de mer, tout simple

parfois sous les ailes d'une frégate

ou encore à l'ombre sous une belle raie manta

parfois même dans la volute d'un lambi

ou alors à l'abri du soleil ou de la pluie dans les tentacules d'un calamar géant

Autre originalité ...

L'art de récupérer les vieux pneus ... plus décoratifs que l'original tout noir... c'est un peu kitsch mais rigolo et bien fait !

Dernier montage photo avec un fond de mer, c'est le mur de la déchetterie !!!

Autre idée locale, recyclage des jolis lambis après leur usage initial ... un bon repas

On aime ou on n'aime pas ...

Si vous désirez poser votre auguste fessier le temps d'admirer le paysage, vous aurez l'embarras du choix ... des bancs originaux sont construits un peu partout autour de l'île.

Un peu de nature ...

Pour les courageux, une petite excursion de 2 heures sur le pic culminant de l'île. Altitude 360 mètres, ne pas oublier de prendre de l'eau. Parait-il une vue magnifique sur tout l'ensemble iles/lagons.

Quelques vallées fertiles, un peu de culture, de l'eau en suffisance semble -t-il pour tous les habitants grâce à quelques fontaines naturelles ou à l'eau descendant des petites rivières à la saison la plus pluvieuse.

De grands arbres, des tous rabougris, des avec de gros piquants, de la mangrove, beaucoup de fleurs, des lézards, des iguanes, de jolis oiseaux, de gracieux papillons, des chevaux, veaux, vaches, cochons, ... plein d'insectes, piqueurs ou non, et des crabes, bref une jolie palette mais bien moins riche que celle du Panama. Normal, ici la météo est très différente, tendance ventée et peu pluvieuse contrairement à l'Amérique centrale. Voilà qui nous fait un peu de bien, plus besoin de remplir nos fameuses cuvettes nous permettant des douches à volonté, il faut refaire un peu attention, mais rassurez vous, il en sera de nouveau autrement au Guatemala...

Qui s'y frotte, s'y .........

Les crabes noirs sont protégés, parfois la route peut même être fermée pour leur permettre d'aller vaquer à leurs amours en toute sécurité ...

et cerise sur le gâteau si je peux parler ainsi ...

Etonnament peu discret dans la nature, pas de retouche de couleur, authentique et magnifique ... presque assorti à la couleur du lagon ...

Les plages ...

Une seule très grande, celle de Fresh water bay, enfin tout est relatif compte tenu de la taille de Providencia.

Baya Agua Mansa

Playa manzanillo ou Manchineel Bay

South West Bay ou Bahia sur Oeste, la plus grande, là où les chevaux courent dans la mer

Comme son nom l'indique, Fresh water bay

Lors de notre visite autour de l'île, stop sur une jolie plage, celle de Playa manzanillo ou Manchineel Bay.

S'y trouve un sympathique resto tenu par un sympathique rasta, Roland avec de très sympathiques pina colada !!! ne pas abuser, c'est ce que nous avons fait mais en fait, on regrette presque ... difficile d'en trouver de meilleures, le tout à l'ombre des cocotiers, le lagon sous nos yeux avec ses 7 dégradés de bleu !!!

Pour faire plaisir à notre ami René qui met toujours ses petits plats préférés dans son site,
lambi à la plancha et poisson frais au four, riz coco, patacones (bananes plantain), le tout arrosé d'une petite bière locale... et avec ses fameuses mais uniques pina colada pour l'apéro !

Nous avions même un petit invité .... On ose espérer qu'il ne se soit pas craché à l'atterrissage après son excès de pina colada !!! ne vous inquiétez pas, il ne restait que la pulpe de la coco...

Une petite vidéo prise lors de notre petit tour d'île avec pause resto le midi ...

Plage PROVIDENCIA

ou si le lien ne fonctionne pas, peut-être plus de chance via Utube

https://www.youtube.com/watch?v=K4hzj6S4iDI

Nous profitons aussi de faire le tour de l'ile de Morgan, isla Santa Catalina. C'est un "rocher" dont seul une toute petite partie est habitée.

Ici pas de route, juste un sentier bétonné sur le front de mer coté Providencia, la continuité du pont des amoureux, quelques petits restos et lolos locaux, et en surplomb, à coté de l'emplacement d'un ancien fort d'où il ne reste que deux canons, une statue de la vierge (désolée, on ne sait plus son nom). De là, un joli panorama sur la baie et notre mouillage.

L'attraction du coin pour 'vendre' des balades en lancha, un rocher d'environ 15 m de haut censé représenter la cabeza de Morgan, en français: la tête de Morgan ... le célèbre flibustier. C'est vrai qu'avec un peu d'imagination....

Son trésor serait donc sur cette île. D'après la légende, il aurait désigné 4 personnes de son entourage pour aller cacher ses coffres remplis d'or, une fois de retour et leur cachette connue, il les aurait supprimés pour garder à tout jamais le secret pour lui seul !!! Mais bien mal acquis ne profite jamais, il est mort sans profiter de son or...

Nous avons manqué de courage pour poursuivre nos recherches, et Chamicha étant déjà bien trop chargé, où aurait-on encore mis tous ces coffres ???

Voila un petit tour d'horizon de Providencia que vous ferez depuis votre chez-vous, pour notre part nous nous apprêtons à relever notre ancre d'ici 2 jours pour poursuivre notre route en direction de l'île de Guanaja au Honduras.

A bientôt pour la suite du voyage,

Chantal et Jean-Claude

Les îles du Honduras